Une délégation syndicale internationale à Niigata (Japon)

Publié le par Patrick LEBORGNE

Une délégation syndicale internationale prend part actuellement à Niigata (Japon) aux consultations avec les ministres du travail dans le cadre du G8 sous présidence japonaise.

A cette occasion, le TUAC (Commission syndicale au sein de l'OCDE) a présenté une déclaration mettant l'accent sur «la baisse de la part du revenu national des pays du G8 revenant aux salaires» et sur «le creusement des disparités salariales » parallèlement à « l'accroissement spectaculaire du travail précaire».

Le TUAC met en avant le décrochage entre croissance de la productivité et des revenus particulièrement marqué dans les marchés du travail flexibles. Ainsi aux Etats-Unis la productivité des salariés a augmenté de 16,6% entre 2000 et 2005 tandis que leur rémunération médiane n'a progressé que de 7,2%, augmentation dépassée par l'inflation au cours des trois dernières années.

Les politiques dites de l'emploi ne devraient pas se réduire à une variable d'ajustement soumise aux contraintes des politiques économiques, constatant qu'elles consistent trop souvent à demander aux salariés de s'adapter aux aléas et à la précarité d'économies gouvernées par la spéculation financière. Les travailleurs ne doivent plus être considérés comme un facteur économique comme les autres (matières premières, énergie, etc.). Il y a manière et manière d'envisager la « nécessité » d'une baisse des coûts.

Nous devons contester les politiques - à l'image des projets de « réformes » en France - tendant à renvoyer la négociation des conditions de travail, temps de travail et salaires au niveau de l'entreprise voire au niveau individuel, au détriment des garanties de convention collectives nationales, tout comme les orientations calquées par l'OCDE sur celles du Livre vert de la commission européenne consistant à préconiser la flexibilité des contrats de travail standard, à durée indéterminée, pour les aligner sur la flexibilité des contrats à durée déterminée, des contrats d'intérim et à temps partiel. Il faut au contraire restreindre l'utilisation des contrats précaires en les rendant plus coûteux pour les entreprises.

Le TUAC conteste les réformes des systèmes d'emploi et d'assurance chômage visant à contraindre les travailleurs au chômage à accepter des salaires à la baisse ou des emplois précaires assortis d'une obligation de mobilité géographique.

S'adressant avec détermination aux ministres de l'emploi, les syndicats ont mis en avant la nécessaire évaluation des politiques économiques et sociales quant à leur incidence sur la répartition des revenus et la précarité de l'emploi, constatant que celles-ci ont conduit le plus souvent à accroître le dumping social.

Vincent BAUDOIN

Publié dans capagauche35

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