SENAT ET LANGUES REGIONALES

Publié le par Patrick LEBORGNE

Le Sénat a refusé mercredi d'inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, revenant sur une disposition votée en ce sens par les députés en première lecture du projet de réforme des institutions.


Les sénateurs, par 216 voix contre 103, ont adopté, contre l'avis du gouvernement et de la commission des Lois, un amendement supprimant la référence aux langues régionales que les députés avaient ajoutée au texte initial.

La majorité

UMP mais aussi les centristes, les communistes, les radicaux -dont l'ancien PS Michel Charasse- et quelques sénateurs PS, comme Robert Badinter ou Jean-Luc Mélenchon, ont voté la suppression. La majorité du PS, les Verts et quelques UMP ont en revanche voté contre.


Le 22 mai, l'Assemblée nationale avait décidé à la quasi-unanimité d'ajouter au premier article de la Constitution une phrase stipulant que "les langues régionales appartiennent au patrimoine" de la Nation.


L'Académie française, dans une démarche "extrêmement rare", a critiqué lundi la reconnaissance des langues régionales qui porte selon elle "atteinte à l'identité nationale". Elle a demandé le retrait de l'article.


Je voulais juste rappeler aux Sénateurs, et notamment aux Jacobins de Gauche, que le 5 juillet 2006, ils ont ratifié par une loi, à l’unanimité, la convention de l’Unesco sur la sauvegarde du patrimoine immatériel. Qu’entend-on par là. l’article 2 ce la Convention stipule : «  on entend par patrimoine culturel immatériel, les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et le cas échéant les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel »


Les Députés, les Sénateurs qui ont approuvé ce texte, le gouvernement qui est chargé de l’appliquer, nous disent ainsi que personne ne peut prendre la place des communautés et des groupes, pour dire ce qui au titre de la politique culturelle et d’une prétendue unité nationale, a valeur de patrimoine culturel immatériel. Si « langues régionales » étaient remplacées par « patrimoine culturel immatériel », Mesdames, Messieurs de la Haute Assemblées, vous auriez aujourd’hui l’aire franchement ridicules, car vous avez retiré d’un bulletin de vote, ce que vous aviez voté à l’unanimité il y a deux ans, et vous remettez ainsi en cause la qualité de nos engagements internationaux.


Vincent BAUDOIN

Publié dans capagauche35

Commenter cet article