AFGHANISTAN...

Publié le par Patrick LEBORGNE

jeudi 04 septembre 2008

Afghanistan: « Ça peut se reproduire dans trois mois »


: Ouest-France

 

De retour d'Afghanistan, le député rennais et ancien président de la commission de la défense nationale à l'Assemblée, Jean-Michel Boucheron, défend l'engagement français.

Quelle est votre appréciation de la situation générale en Afghanistan ?

 

On est en zone de guerre et il y a une guerre à gagner : celle de l'opinion publique afghane ! Il faut donner aux Afghans l'envie de se détourner des talibans ; en évitant les bavures, en construisant des routes et des écoles et en sécurisant le pays. D'ailleurs, les talibans ne s'y trompent pas. Les Français qu'ils ont attaqués le 18 tentaient de sécuriser une vallée où une route est en construction. Mardi, j'étais à Kandahar et j'ai vu nos chasseurs décoller pour une mission d'appui. Les troupes américaines qui étaient attaquées protégeaient le déplacement d'une turbine de 200 t destinée à un barrage hydroélectrique.

 

Qu'avez-vous appris sur l'embuscade du 18 août ?

 

Je ne suis pas allé sur le site de l'attaque qui n'est toujours pas sécurisé mais j'ai rencontré les paras dans la base avancée française. Honnêtement, je ne vois pas ce que nos hommes auraient pu faire de plus. Je n'ai pas l'ombre d'une critique à faire sur le montage de l'opération. Une affaire comme ça peut se reproduire dans trois mois, même si on renforce nos troupes en matériel lourd. On a assez de moyens, à partir du moment où on s'y prend bien, c'est-à-dire en rencontrant les Afghans, en patrouillant comme des gendarmes pour rétablir la sécurité. Si on choisit le tout technologique, on s'éloigne de la population. Il ne faut pas compter sur un drone pour causer avec les gens...

 

Vous défendez le maintien des troupes...

Évidemment, on ne peut pas renoncer ; ce serait abandonner l'Afghanistan à Al-Qaida qui en fera son terrain de manoeuvre. On n'est pas là pour 15 jours. Cette opération est prioritaire sur toutes les autres que mène la France. La question raisonnable, c'est de savoir si on doit maintenir au Liban 2 000 hommes qui ne servent à rien et autant de soldats en Côte d'Ivoire où on n'a plus rien à faire. Notre armée ne peut pas être partout et elle est en bout de potentiel.

Recueilli par Philippe CHAPLEAU.

Publié dans capagauche35

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