Retraite à 70 ans : le PS demande le retrait de l’amendement

Publié le par Patrick LEBORGNE

Retraite à 70 ans : le PS demande le retrait de l’amendement

Les députés ont adopté une disposition permettant à tous les salariés de plus de 65 ans de poursuivre, s'ils le veulent, leur activité «dans la limite de 5 années». Le PCF, le PS, les Verts et la CGT dénoncent la mesure.

Les salariés, confrontés au risque de percevoir une faible retraite, pourront continuer à travailler jusqu'à 70 ans, si une mesure votée dans la nuit de vendredi à samedi par les députés, et critiquée par la CGT et l'opposition, est définitivement adoptée par le Parlement.

Suivant l'avis de sa commission des affaires sociales, l'Assemblée a estimé que "cette suppression pure et simple de la procédure de mise à la retraite" pourrait causer des "difficultés pour les entreprises", et a jugé préférable de repousser l'âge limite de départ à 70 ans.

Les députés ont donc voté un amendement qui laisse "la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d’en avoir préalablement manifesté l’intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années".

Avant qu'un salarié n'atteigne 65 ans, l’employeur l'interrogera sur son intention de partir volontairement à la retraite. En cas de réponse négative, ou si l'entreprise a omis de l'interroger, elle n'aura pas le droit de le mettre à la retraite d'office. La procédure se répétera "les quatre années suivantes", donc jusqu'à 70 ans.

"L'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans"

Première réaction hier, celle de la député des Verts, Martine Billard: "L'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans", s'est-elle indignée. Une réaction vite suivie par celle du PCF. Il accuse aussi le gouvernement de "repousser insidieusement l'âge de la retraite à 70 ans".

"Comme pour le travail du dimanche, le pseudo-volontariat est avancé pour justifier ce scandale. Comme si, les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté, et même ceux aux revenus si modestes, pouvaient avoir le choix", dénonce le PCF dans un communiqué. Il fustige notamment, dans le cas des personnels navigants, pour qui les députés ont voté un amendement permettant la prolongation jusqu’à 65 ans, sur la base du volontariat, de l’activité des pilotes, stewards et hôtesses de l’air, une "absence totale de prise en compte de la pénibilité des métiers".

Le Parti socialiste a lui demandé dimanche au gouvernement de "retirer" l'amendement, après avoir accusé la veille l’exécutif, par la voix de la députée Marisol Touraine, d'utiliser "tous les moyens pour ouvrir une brèche dans le système des départs à la retraite et amener les salariés à travailler le plus longtemps possible".

"Nous demandons au gouvernement de retirer, à l'occasion du vote solennel de mardi sur le PLFSS, l'amendement qui permet cette atteinte au droit à la retraite", insiste le porte-parole du PS, Julien Dray, dans un communiqué.

"Alors que Nicolas Sarkozy répète depuis quelques semaines qu'il entend remettre partout des règles pour refonder le capitalisme, la première de ces règles consiste à déréguler le droit du travail en repoussant l'âge obligatoire de la retraite - acquis social fondamental - à 65 ans pour les personnels navigants et à 70 ans pour les autres salariés", a-t-il estimé.

Cumule emploi-retraite

La CGT a elle estimé samedi que la mesure "suscite une légitime inquiétude" même s'il "ne modifie pas pour le moment les repères de 60 et 65 ans en matière de retraites auquel tient particulièrement la CGT", a déclaré Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral, en charge du dossier des retraites. "Il permet à des salariés de pouvoir poursuivre leur activité au delà des âges limites en vigueur sans voir leur contrat de travail unilatéralement rompu par leur employeur sous prétexte qu'ils ont atteint cet âge", a-t-il précisé.

Selon lui, "cette mesure traduit bien la réalité d'aujourd'hui : de moins en moins de salariés auront la totalité de leurs droits à 60 ans et une retraite suffisante à 65 ans. Ils devront donc chercher à poursuivre leur travail voire à cumuler emploi et retraite".

"Au lieu d'allonger indéfiniment la période d'activité, la solution pour la CGT est d'assurer aux salariés des carrières complètes, d'intégrer les périodes d'apprentissage, de recherche d'un premier emploi, d'études dans la période de cotisation exigée", a poursuivi le responsable syndical.

"Il faut par ailleurs reconnaître les métiers pénibles et astreignants et leur accorder une possibilité de départ anticipé", a-t-il conclu.

Source AFP

Publié dans capagauche35

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