Le Medef veut la peau des prud’hommes : votez le 3 décembre

Publié le par Patrick LEBORGNE

 

En complément à mon texte d'hier Gérard Filoche m'a adressé cet article. Merci à toi Gérard.

 

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Le Medef veut la peau des prud’hommes : votez le 3 décembre
 
Vous avez vu ces spots télévisés qui commencent timidement et tardivement sur le service public ? On y voit une femme avancer sur un terrain hostile pour oser courageusement voter aux prud’hommes le 3 décembre prochain, et finalement mettre son bulletin dans l’urne a contre courant d’une abstention grandissante.


Il y a 11 ans, en 1997 c’étaient les demoiselles de Rochefort qui dansaient dans un bureau à l’idée d’aller voter aux prud’hommes, et en 2002, c’était un texte écrit en lettres grises sur fond bleu foncé, qui affirmait «  ils sont comme vous mais ils défendent vos droits ». En guise d’explications, c’était pour le moins un peu court. Comment voulez-vous que les 19 millions de salariés se sentent motivés, avec aussi peu d’informations ?  Il n’y a pas d’émissions explicatives, pas de débat entre les syndicats, pas de communication sur les programmes de chacun d’eux, pas de dynamique autour de l’enjeu. Qui sait que les chômeurs ont le droit de voter ? Les intéressés eux-mêmes ne le savant pas souvent. Qui sait que les immigrés ont le droit de voter ? Parfois on parle du vote des immigrés pour les élections locales, là, ils ont le droit de voter pour une élection nationale, pour élire les juges de la république, mais nul ne leur dit. Qui sait que l’on peut voter dés 16 ans si l’on a un contrat de travail ?  Qui sait qu’un salarié peut sortir de son travail, aller voter, et revenir sans perdre son salaire pendant ce temps-là ? Pas les salariés concernés car quand  je fais mes permanences à l’inspection ces jours-là, il y a des appels du genre « - Allo, l’inspection ? Monsieur, le patron ne veut pas me laisser sortir, il dit que si je quitte mon travail, il me retient mon après-midi ». Tout est fait pour qu’il y ait le minimum de votants. Déjà les inscriptions sont mal faites et contestables. Alors s’il y a eu jusque-là 35 % de votants, c’est magnifique ! Cela fait autour de 4,5 millions de voix pour les syndicats, vous me direz… Ce n’est pas si mal dans ces conditions !


Le Medef, dans ces élections, côté liste patronale, fait chaque fois un « bide », c’est un groupuscule électoral, mais on ne va pas se consoler avec cela car ils ont quand même les moyens de blocage, ils envoient des candidats parmi les plus libéraux anti droit des salariés qui vont jusqu’à saboter le fonctionnement des tribunaux, imposant par leurs pratiques, systématiquement des juges départiteurs, professionnels, dans chaque affaire. (Quand les candidats patronaux ne sont comme Philippe Lecat de l’Isère condamné préalablement pour discrimination syndicale).


Pourtant les prud’hommes sont une belle justice du travail, une spécificité française dont nous devons être fiers et qu’il faut défendre. Rachida Dati a supprimé 61 tribunaux prud’hommes sur 267. Le nouveau code du travail recodifié permettra d’en supprimer d’autres plus facilement et de modifier leur fonctionnement par décret. Le gouvernement vise à renvoyer les affaires aux tribunaux d’instance déjà embouteillés. Il faut déjà entre 8 et 12 mois pour un jugement, et le double pour un appel (même si 80 % des affaires jugées en premier ressort sont confirmés en appel). Il n’y a pas assez de greffiers, pas assez de formation sur le droit du travail ni de crédit d’heures pour les conseillers afin de rédiger leurs délibérés. En un mot, droite et patronat font comme partout ailleurs, ils assèchent le fonctionnement normal et sain de l’institution pour demain prétendre qu’il faut la supprimer parce qu’elle fonctionne mal. Laurence Parisot prétend que la justice prud’homale « insécurise » les employeurs ? Autant de raison de voter massivement pour les syndicats de salariés combatifs le 3 décembre prochain.

 


Gérard Filoche

 

 


Publié dans capagauche35

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