UN NOUVEAU JOURNAL : "L'ECONOMIE REELLE"

Publié le par Patrick LEBORGNE

  AVERTISSEMENT : il s'agit du mensuel de la Commission Nationale Entreprises du Parti Socialiste
Pour ceux qui souhaitent le recevoir en format pdf , une seule adresse :
pleborgne@tele2.fr

 

1.

Économie réelle

Depuis vingt ans, l’économie évoluait en

apesanteur. Financiarisation, déréglementation,

privatisations, financiarisation

– la machine tournait à fond, mais elle ne

tournait pas rond. « Des usines sans

ouvriers », annonçaient les uns.

« Un monde sans usines », renchérissaient

les autres. Le château fort

n’était qu’un château de cartes.

Secoués dans la tempête, les inclus de la

mondialisation financière restent accrochés

aux fauteuils d’où se prennent les décisions

et où se prennent les

hyper-rémunérations. Rien de tel pour des

millions de salariés à travers le monde

confrontés à la violence du chômage, des

dumpings, de la pauvreté.

Pour quelquesuns,

les bénéfices ; pour tous les autres,

les sacrifices !

Combattre la crise et préparer la reprise,

pour nous socialistes, c’est bâtir un

nouveau modèle de développement

à la fois économique et écologique,

technologique et social. Avec en son cœur

l’appareil productif constitué des grandes

entreprises et des PME-PMI, adossé aux

secteurs traditionnels à préserver et aux

activités innovantes à encourager, fort

de ceux qui travaillent et entreprennent,

mobilisant tous les leviers et toutes

les dimensions de la puissance publique

– Etat, collectivités territoriales, Europe.

Ce développement éco-social est incompatible

avec le libéralisme, court-termiste

par cupidité et individualiste par nécessité.

Seule la gauche peut faire naitre

cette nouvelle croissance,mobilisatrice

pour la société et d’abord pour sa jeunesse,

protectrice pour les personnes,

bienfaitrice pour l’environnement.

Chaque mois, ce bulletin vous informera

des actions, propositions, réflexions du

secteur industrieentreprises-

nouvelles

technologies.

Bonne lecture !

Guillaume Bachelay

Alors que le secteur automobile est dans la tourmente, lesmesures gouvernementales

ne sont pas à la hauteur. Pour les grands constructeurs et équipementiers

cotés, les cadeaux sont juteux et réels. Pour les PME de la

sous-traitance et l’ensemble des salariés de la filière, les engagements sont

fumeux et virtuels.

Dès janvier,le Parti socialiste a formulé des propositions concrètes et précises :

- pour les salariés :

 

- pour les PME :

 

- pour les consommateurs :

 

- pour l’innovation et la croissance verte :

 

- pour une répartition plus juste de la richesse :

 

Télécharger l’intégralité du plan pour la filière automobile

sur www.agirvraimentcontrelacrise.fr

Lire l’article du Canard Enchaîné du 11/03/09 (« Plan automobile : les écarts de conduite de

N. Sarkozy ») sur industrie@parti-socialiste.fr

Économie réelle

Production - innovation - régulation - protection - redistribution

La lettre du secrétariat national à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies

N°1 - mars 2009

Éditorial

La crise ou le grand

atterrissage

Les propositions

socialistes pour la filière

automobile

2.

Économie réelle

Sur un an, la hausse du

nombre d’entreprises

défaillantes est de 66 %

(dont 204 entreprises

affichant un CA supérieur

à 15M

e). 221 000 salariés

ont été concernés.

Emplois supprimés par

branches et par entreprise:

Automobile :

Trèves :

145 à Paris et Reims

Renault :

4 900 d’ici avril 2009.

Premier plan de 4000 départs

volontaires suivis de 900 suppressions.

Sonas (F) :

250

Valeo :

1500 en France

PSA Peugeot Citroën :

3 550 +

850 départs volontaires

Nouvelles technologies :

Free

(Internet) : 340 sur 390

Atmel

(electronique) : 161 sur 1425

NXP France

(électronique) : 400

Hewlett-Packard :

580

Alice (Internet) : 320

France Télecom :

incitations au départ

maintenues

NEC computers :

387

STMicroélectronics :

500

FMlogistic

(electronique) : 489

Chimie-Pharmacie :

Sanofi-Aventis :

927

Pfizer :

892

Schering-Plough :

330

MBO et Innovex:

800

Glaxomithkline:

850

Total : 555 postes

(raffinage et pétrochimie)

Commerce, Vente à distance :

Camif Particuliers :

780 Cmaid Particuliers et 166 au siège

La Redoute :

672

Randstate-Védior :

489

FNAC, Conforama/groupe PPR :

1200

Industrie moyenne :

JPM

(serrurerie) : 1 emploi sur quatre

sur 370 salariés en France

Gardy :

105 sur 450

UPM Raflatac

(papeterie) : 99 sur 288

Chenay et Fils :

700 en France

Seb :

214

Zodiac :

120 sur 140

Altadis

(Tabac) : 1060 dans toute la

France

SeaFrance

(ferries) : 650

CarlsonWagonlit France :

440

Airfrance KLM :

1000 non

remplacements départs en retraite

Après 44 jours de grève générale – conflit d’une ampleur et d’une durée historiques dans ce département

d’outre-mer –, l’accord Jacques-Bino a été signé dans la nuit du 4 au 5 mars 2009. Il engage

aussi bien le collectif LKP, l’État, les deux collectivités régionale et départementale, que nombre de

moyennes et petites entreprises. Le MEDEF a refusé de signer l’accord général, invoquant des menaces

physiques à l’encontre de certains de ses dirigeants, ainsi que des divergences sur le fond.

Quoi qu’il en soit, sur le terrain, plusieurs entreprises membres du MEDEF ont d’ores et déjà signé

l’accord : d’autres signatures devraient intervenir ces prochains jours. Car le LKP maintient la pression

sur les grandes entreprises non signataires, notamment dans la grande distribution et certains

hôtels où des piquets de grève sont établis, allant parfois jusqu’au blocage des sites.

L’accord Jacques-Bino concerne de nombreux domaines socio-économiques, des salaires et de la

baisse des prix jusqu’à l’agriculture ou encore la culture, en passant par les prestations sociales,

le logement, le transport et l’emploi. C’est dire son importance, son périmètre excédant la seule

revendication salariale.

Cependant, il est indéniable que le tissu économique de l’île déjà fragile, a subi un réel traumatisme

– un mois de quasi-paralysie de l’activité. Mais le dynamisme avec lequel l’activité a redémarré

dès le 6 mars permet d’être résolument optimiste. Bien sûr, c’est dans la durée que

s’évalueront les effets de l’« accord Bino » sur l’économie et la vie quotidienne des Guadeloupéens.

Nous veillerons à nous en faire ici l’écho.

David Dahomay, http://daviddahomay.over-blog.com

Baromètrede la crise

Q

uelle est la situation des PME face à

cette crise ?Quelles réponses dans le

plan de relance socialiste ? Quels

rôles peuvent jouer les régions ?

Quelles est la part conjoncturelle et la part

structurelle dans les difficultés rencontrées

par les PME dans la crise ? Autant de questions

abordées pendant deux heures

d’échange avec la salle.

Dans notre pays, les petites et moyennes

entreprises sont les premiers employeurs

(89% des salariés des entreprises.)

Aujourd’hui,

elles sont fragilisées pour 3 raisons

principales :

- le ralentissement de l’activité depuis près

d’un an ;

- le manque de commandes et les retards

de paiement des donneurs d’ordres ;

- la difficulté à financer leur exploitation et

leur investissement en raison d’une politique

bancaire n’assumant pas son rôle de

développeur économique.

La crise est l’aboutissement des politiques

de compression salariale et de délocalisation.

L’environnement excessivement financier,

qui prônait un rendement sur capitaux

de 15%par an,alors que l’économie croît de

1,5% par an dans la quasi totalité des secteurs

ne pouvait aboutir qu’à un échec. Les

salariés, déjà affaiblis par un niveau de vie

qui stagne, servent de variables d’ajustement

et sont victimes de licenciements.

La société de services n’est pas auto suffisante.

La production doit innover par de

nouveauxmoyensplusefficaceset plusécologiques.

Nous devons replacer le salarié de

l’industrie au centre de notre réflexion sur

l’emploi et le développement des territoires.

Le plan d’urgence du PS propose de venir en

aide aux salariés qui sont les premiers et les

plus durement touchés (prolongement du

contrat de transition professionnelle, augmentation

des heures supplémentaires et

relèvement de son indemnisation, droit effectif

à la formation individuelle qualifiante

et rémunérée, encadrement des licenciements

boursiers…)

Dans les PME,desmesures urgentes sont à

prendre : des sessions de formation des

chefs d’entreprises au financement en

temps de crise peuvent facilement être organisées

localement. Des garanties régionales

peuvent être apportées pour faciliter

le crédit octroyé par les banques.L’expertise

pour trouver de nouveaux débouchés sur

nosmarchés et à l’export peut êtremobilisée

aussi.. Il faut enfin lutter contre la crise

à l’échelle de l’Europe (fonds européen,protection

du marché communautaire contre

des produits importés ne respectant par les

normes sociales et environnementales, politique

d’éco-industrie commune par l’augmentation

du budget en faveur de la

recherche, etc.)

Contact :info@pme-pmi-ps.org

Les PME face à la crise

Le31janvieràl’Assembléenationaleétaitorganiséeuneréunion-débatréunissantunecentainedeparticipantsautourdeSergeBardy,

conseillerrégionalde

Pays de la Loire ;Pierre-AlainWeill en charge des PME au PS et Laurent Blaizac

du GSE PME/Commerces.

Conflit social enGuadeloupe

3.

Économie réelle

Banques :

Calyon :

plus de 500 en France

Natixis :

1300 en tout

Crédit agricole :

250 en France.

Commentaires

• PPR supprime 1 200 emplois malgré

un bénéfice de 875 M

 

 

d’amende dont 10 000

 

 

e avec sursis,

pour avoir annoncé sur son site intranet

qu’elle recherchait un candidat

« de préférence de parents français

nés en France ».

• Le groupe Sony va fermer son site de

Pontonx-sur-Adour (Landes) le 17 avril

prochain. Le PDG de l’entreprise a été

retenu par les 311 salariés menacés de

licenciement dans la nuit du 12 au

13 mars dernier.

• Airbus a enregistré six commandes

d’avions depuis le début de l’année et

quatorze annulations. La situation est

semblable chez son concurrent

Boeing.

• 550 suppressions d’emplois chez Total

qui a réalisé 13,9 Md

e de bénéfices en

2008.

• Fermeture de l’usine de fabrique de

pneumatiques de l’entreprise Continental

de Clairoix dans l’Oise, alors

que les salariés avaient accepté en

2007 de travailler plus (de 35 h à 40 h)

contre l’engagement de la direction de

préserver les emplois.

L

es seuls résultats tangibles de

cette dérive auront été d’une

part la démolition d’EDFGDF

(que les Français ne souhaitaient

pas), d’autre part la

privatisation de Gaz de France

par dissolution au sein de la

Lyonnaise des Eaux-Suez et le détournement

de ses ressources vers

les circuits obscurs d’une finance internationale

en crise. Fil d’Ariane de

ces décisions lourdes de conséquences

: une dérive oligarchique

du pouvoir. Comment ne

pas voir que le chef de l’Etat et ses

riches amis cherchent, d’ici la fin du

quinquennat,les voies d’une restructuration

de l’industrie nucléaire française et

de la privatisation totale d’EDF ? Sous le fallacieux

prétexte de la promotion d’unmarché

et de sa régulation – dont on connait

l’impuissance à servir efficacement les usagers

dans le domaine de l’énergie - se cache

un désir d’appropriation à des fins privées

de cette formidable rente, prélevée sur le

revenu des Français alors même qu’ils

doivent régler les factures de gaz

et d’électricité dans un contexte

de pouvoir d’achat en berne ?

Un sondage réalisé au

Royaume-Uni à la demande

de députés travaillistes et responsables

syndicaux (– où

Mme Thatcher,la première en Europe

il y a 20 ans, impulsa semblable politique

– indique que

77 % des Britanniques

souhaitent que les

"utilities",les entreprises du service

public de l’eau, de l’électricité et du

gaz, soient re-nationalisées

 

Groupe Socialiste d’Entreprise National

Energie.EDF-GDF

gsen.edfgdf@free.fr

L

a liberté est un principe de l’Internet particulièrementmis àmal par le gouvernement

au regard de la tradition française. Ainsi le projet de loi « Création et Internet » soumet

le Net à la procédure pénale et constitue une forte régression des libertés publiques

qui pourrait conduire au filtrage et à la surveillance généralisée.Au plan industriel,

non seulement ces atteintes aux libertés ne favoriseront pas la création de contenus,mais

elles affaibliront les entreprises et nos « jeunes pousses » dans la compétition qui les oppose

aux géants américains ou asiatiques du secteur des technologies de l’information et

de la communication.

Dans un contexte de révolution technologique,Hadopi est une occasion

ratée de jeter les bases d’une nouveaumodèle économique adapté au numérique

et aux industries culturelles (disque,cinéma,édition…)

 

Mathias de Jouvenel,militant,section Services publics- Paris.

1 - http//www.pcimpact.com/actu/news/49573-hadopi-riposte-communication-quadrature-

net.htm

Internet :Hadopi ou une

occasionmanquée

Energie : le chaos !

La tentative de créer un illusoiremarché de l’énergie en France et en Europe,

pour faire baisser les prix de l’électricité et du gaz grâce à une concurrence

prétendument vertueuse,a fait long feu.Elle a conduit à l’augmentation des

prix,à la désorganisation de l’outil industriel,au gaspillage des ressources,à

un accroissement des risques.

4.

Économie réelle

Philippe Matzkowski, président du collectif LBO,

mouvement syndical contre la financiarisation de l’économie

Quelle est la situation des entreprises

sous LBO* ?

Le LBO peut être défini comme

l’achat d’une entreprise saine,financé

par des emprunts bancaires.

En cette période de crise,

la liste des LBO défaillants s’allonge,

mais il est difficile d’identifier

toutes les victimes car les

procéduresengagéesauprèsdes

tribunaux de commerce sont

souvent desmandats confidentiels

et les salariés restent tenus

dansl’ignorancedel’opérationfinancière.

Selon l’assureur-crédit

Coface, plus de lamoitié des entreprises

sous LBO en France

(900) se trouverait dans une

zone de haute surveillance et

plusieurs dizaines seraient

même en alerte !

CertainsLBOsemblentaussiprofiter

de la crise pour supprimer

des emplois et maintenir le niveau

de profit des actionnaires :

SAINT GOBAIN DESJONQUERE,

par exemple, avec une baisse de

15%deseffectifsetREXELavecun

plan social d’aumoins 300 salariés

au nomde la sauvegarde de

la compétitivité malgré de

bonnes prévisions pour 2009 et

2010...

Avecplusde700000entreprises

à transmettre dans les 10 ans à

venir et à l’heure où le risque de

crise financière systémique liée

aux LBO n’est pas à exclure, espérons

que la mission d’information

sur les fonds d’investissement,

votée en janvier 2007

par la commission des finances

de l’Assemblée Nationale, ne

tarde plus à démarrer son enquête...

contact :infos@collectif-lbo.org

C

rise oblige, les responsables gouvernementauxet

les«leadersd’opinion»

sont – pour partie – revenus des théories

qui expliquaient doctement que l’industrie

c’était fini (comme si depuis les

Tempsmodernes de Chaplin,les entreprises

et les techniques n’avaient pas évolué), que

l’avenir reposerait désormais exclusivement

sur un modèle de croissance fondé sur les

services financiers et domestiques ainsi que

les valeurs IT ousecteurs des nouvelles technologies

(comme si les services industriels

n’occupaient pas une large part de l’appareil

productif et de R&D), que la classe ouvrière

avait elle-même disparu au profit d’une

vaste classe moyenne regroupant les trois

quarts aumoins des Français (comme si un

salarié du secteur privé sur deux n’était pas

un ouvrier ou un employé au sens où les répertorient

l’INSEE).La crise du système capitaliste

est aussi une crise de la pensée

capitaliste : ces vingt dernières années, la

dérégulation financière et la fragmentation

sociale furent les deux faces, l’une économique,

l’autre sociologique, d’une même

médaille. Loin du volontarisme du Conseil

national de la Résistance, loin du gaullisme

et même du pompidolisme, fidèle à la doctrine

libérale qui a forgé son itinéraire politique

et culturel,N.Sarkozy n’« intervient »

dans le domaine industriel que lorsqu’une

situation sociale dangereuse au plan électoral

l’exige. Les médias polarisent quelques

joursleursregardssurlafermetured’unsite,

surladestructionprogramméedecentaines

d’emplois ici, sur la faillite d’une entreprise

là. Alors, le président Zorro surgit, fait son

numéro-trémolos devant les caméras. Le

soufflémédiatique retombe. Des annonces

sont relayées par les ministres, le plus souvent

d’affichage.

« Ajustement stratégique ciblé »

Dernier exemple en date : le 20 mars, dès

potron-minet sur Europe 1, Luc Châtel, secrétaire

d’Etat à l’Industrie,annonce la « relocalisation

de la production de la Clio 2 » et

« la création de 400 emplois » à l’usine de

Flins.Deux heures plus tard, la direction de

Renault précise les choses : il s’agit d’un

« ajustement stratégique ciblé ». Autrement

dit,de délester la charge de travail du

principal lieu de production du véhicule

situé en Slovénie en mobilisant sur le site

desYvelines 400 salariés des usines voisines

(Cléon ou Sandouville) de façon « temporaire

», probablement jusqu’à l’automne. Il

y a un gouffre entre l’annonce du gouvernement

et la décision du constructeur !

Idem dans le cas d’Arcelor Mittal :

le 4 février

2008, le chef de l’Etat s’était rendu à

Gandrange (Moselle) pour annoncer aux

575 salariés menacés de licenciement un

plan « inouï » de 10 millions d’euros. Sur

place,on n’en a toujours pas vu la couleur !

Et quand l’effet-levier budgétaire est là,c’est

en direction des grands groupes côtés qu’il

est mobilisé – et sans contreparties en

termes d’emploi, de production, d’innovation,

d’environnement ou de rémunérations.

La France a besoin d’une véritable

politique industrielle adossée à une politique

de la recherche digne de ce nom,préparant

l’avenir et accompagnée par

d’ambitieux programmes conçus à l’échelle

européenne. De cela, Sarkozy et son gouvernement

sont incapables. Dans ce domaine

aussi, l’illusion Sarkozy aura fait

perdre un temps précieux à la France.

Philippe Foussier (rédacteur en chef de Communes

de France)

Droite :l’illusiond’unepolitique industrielle

Depuis bientôt deux ans,Nicolas Sarkozy est aux commandes et le résultat

est là :tragique ! Beaucoup demoussemédiatique,une indéniable habileté

à la « tchatche » et un bilan aussi pauvre que celui de son prédécesseur,

pourtant vilipendé pour son immobilisme. La politique industrielle, hélas,

n’échappe pas à cette double absence de cap et de projets.

QUESTION À

LE SAVIEZ-VOUS ?

* LBO (pour leveraged buy-out) consiste à racheter une

société en ayant recours à de l’endettement bancaire

aussi appelé effet de levier. Au-delà du vocable « LBO »,

on rencontre parfois d’autres acronymes pour désigner

plus spécifiquement certain types d’opérations:

• MBO

(management buy-out) : reprise par un fonds

d’investissement avec les cadres de l’entreprise ou

reprise de celle-ci par ses cadres ;

• MBI

(management buy-in) : reprise par un fonds

d’investissement avec des cadres externes à l’entreprise

;

• LBU

(leveraged build-up) : opération consistant à

construire un groupe en fusionnant ou en intégrant

les activités et les structures de plusieurs sociétés

en vue d’en constituer une autre plus importante,

censée dégager une valeur plus importante ou se négocier

sur le marché (gré à gré ou à la bourse via un

IPO) plus aisément.

• BIMBO

(buy-in management buy-out) : opération

permettant le co-habitation des cadres en place et

de cadres de direction externes à l’entreprise.

• OBO

(owner buy-out ou rachat à soi-même) : opération

consistant à générer un flux de liquidités au

profit des actionnaires de la société, sans modifier significativement

la répartition du capital.

5.

Économie réelle

ECONOMIE REELLE – La Lettre du Secrétariat national à la politique industrielle,aux entreprises et aux nouvelles technologies du Parti Socialiste.

Directeur de la publication :Guillaume Bachelay – Rédacteur en chef :Patrick Ducome – Chef de rubrique :Yves Béguin – Secrétaire

de rédaction : Chérif Bâ. Comité de rédaction :Manuela Delahaye,Mathias de Jouvenel, Jean Lions, Pierre AlainWeill. 10, rue de

Solférino 75007 PARIS. Contact :01 45 56 78 86 - cherif.ba@parti-socialiste.fr

Depuis son entrée à la Maison Blanche, B.

Obama a engagé un plan triennal de 1 000

milliards de dollars par an pour sortir de la

crise.Avec 4 objectifs forts :

 

financer les dépenses

de santé en réalisant des économies

sur les dispositifs existants et en réduisant

les avantages fiscaux des revenus supérieurs

à 250 000 $ ; rendre obligatoire les

plans de retraite financés par les entreprises

pour chaque salarié,en vue de constituer un

complément aux prestations de la Social

Security ; faire baisser les dépenses publiques

de 10 % dès 2010 ; récupérer 70 %

des sommes consacrées aux plans de sauvetage

sectoriels.

Comment stimuler l’économie ?

Les budgets de 357 Md$ et de 316 Md$

votés respectivement par la Chambre et le

Sénat début 2009 concernent le transport,

le logement et le développement urbain,

ainsi que l’énergie et l’environnement,

l’agriculture, le commerce, la justice, la sécurité,

le travail,la santé,la science,l’éducation

et l’administration fédérale.Ils visent à

créer 4millions d’emplois, faire redémarrer

le système financier, donner de l’oxygène

aux propriétaires immobiliers. Rejetant les

options libérales des présidences Reagan et

Bush père & fils, Obama paraît proche des

idées d’un Paul Krugman, économiste de

« gauche » qui préconise notamment une

couverturemaladie universelle,ainsi qu’un

« NewDeal » en direction des plus défavorisés

et des couchesmoyennes.

Comment réduire le déficit considérable du

budget fédéral ?

Le 23 février,Obama a fixé un objectif de réduction

par deux du déficit d’ici 2013. Par

l’achèvement de la guerre en Irak. Par la

mise en place de nouvelles taxes sur la richesse

(hedges funds ;revenus supérieurs à

200 000 $/an imposés à hauteur de 39,6%

contre 35 %). Le déficit 2009 s’établirait à

1500 Md$. A partir de 2010, une réduction

des dépenses de 513 Md$/an serait programmée

sur une décennie à l’issue de laquelle

le déficit budgétaire passerait de

10 % à 3 % du PIB. Le budget définitif 2009

devrait faire apparaître les priorités présidentielles,

notamment la couvertureMedicare

destinée à près de 50 millions

d’Américains.Quant aux permis d’émission

de gaz à effet de serre,ils devraient rapporter

300 M$/an et être redistribués pour

moitié vers les familles, pour moitié vers le

développement des énergies alternatives.

Quid des primes exceptionnelles accordées

aux dirigeants des grandes firmes ?

Le paiement de 218 M$ de primes au personnel

de l’assureur AIG et de primes à des

organismes financiers étrangers a entraîné

une vive réaction dans l’opinion. Le Senat a

voté sans attendre un projet de loi visant à

taxer l’intégralité des sommes versées à

hauteur de 90 % (quand le salaire annuel

est supérieur à 250 000 $ pour un couple).

Que faire des actifs douteux ?

Le 22 mars, le Secrétaire d’Etat au Trésor

Gesthner a dévoilé son plan de partenariat

public / privé en vue du rachat des actifs

pourris afin de purger le système financier.

Le montant de l’achat s’établirait à au

moins 500Md$, sans doute au double.

Roger Lopez et Yves Beguin -

beguin.yves@wanadoo.fr

Déplacements de

Guillaume Bachelay

pour présenter les propositions socialistes

contre la crise et le plan de sauvegarde

pour la filière automobile

• 26 janvier : Calvados / rencontre avec

élus et syndicalistes à Cormeille-le-Royal

• 11 février : Paris / réunion de section

9e arrondissement

• 3 mars : Yvelines / réunion publique

aux Mureaux

• 17 mars : Paris / café citoyen organisé

par la section 13e Ouest

• 26 mars : Seine-Maritime / réunion publique

à Yerville

Prochains rendez-vous :

• Nord (Denain le 16 avril)

• Landes (Mimizan le 4 mai).

Contact :cherif.ba@parti-socialiste.fr

Obama : les premièresmesures

Séminaire consacré aux grandes industries publiques et privées

Le Secrétariat National à la politique industrielle, aux entreprises et aux

NTIC, en liaison avec les GSE et en présence d’économistes, consacrera son

premier séminaire thématique à l’avenir des grandes industries publiques

et privées. Rendez-vous le 4 avril au siège du PS de 9H45 à 13H30.

La Conférence Nationale Entreprises se tiendra

samedi 4 avril,au siège du Parti de 15h à 17h30

Renouvellement partiel des bureaux desGSENationaux et renouvellement

du bureau de la CNE - Annonce et présentation des nouveaux bureaux -

Présentation du programme de travail pour l’année - Questions diverses

 

 


e (stable par rapport

à 2007) et des performances jugées

satisfaisantes par FH. Pinault,

PDG du groupe.

• Classement sans suite dans l’affaire

des suicides du Technocentre Renault :

malgré l’envoi à la direction de Renault,

d’un « avertissement » de l’Inspection

du travail au sujet du

« harcèlement moral institutionnel »

le procureur de la République de Versailles

a indiqué que le parquet avait

prononcé, début janvier, un classement

sans suite dans l’affaire concernant

trois suicides de salariés. Cette

décision a été prise car « l’infraction

de harcèlement n’était pas suffisamment

caractérisée »

• Premières baisses de salaires et du

temps de travail (10%) chez Donatello,

tour operateur, depuis la fin d’année

2008.

• Cegetel-SFR condamné pour avoir publié

une offre d’emploi

discriminatoire : la chambre correctionnelle

du tribunal de Nanterre, a

condamné l’entreprise à 20 000

eplutôt que de se contenter de vagues promesses

verbales,l’Etat doit limiter par la loi les bonus des dirigeants et les dividendes des

actionnaires.

Avec le sens aigu des responsabilités qui le caractérise, N. Sarkozy dit « regretter beaucoup

» qu’il n’y ait pas de plan européen de soutien à l’automobile.Il oublie de rappeler qu’il

était, quand la crise s’est déclenchée, le président de l’UE : il avait alors les moyens de

convaincre nos partenaires d’agir pour l’industrie européenne. Le PS demande lamise en

place d’un véritable plan européen de soutien à la filière,enmobilisant tous les leviers. Et

d’abord le fonds européen d’aide aux salariés, doté de 500millions d’euros par an, qui ne

demande qu’à êtremobilisé. Il y a urgence.

en contrepartie de l’aide de l’Etat et afin de rattraper

leur retard coupable en lamatière,les constructeurs doivent s’engager àmaintenir

leur effort d’investissement et à le réorientermassivement vers l’éco-conception ainsi que

la fabrication des voitures propres conçues et produites sur des sites français ou européens.

la transparence doit devenir la règle.Pour tout véhicule,la performance

environnementale, la localisation de la production et l’origine des aides publiques

doivent être clairement indiquées sur les fiches de vente.

les constructeurs qui bénéficient des aides publiques doivent s’engager à

réduire leurs délais de paiement et à stabiliser en les pérennisant leurs volumes de commandes.

Ils doivent aussi s’engager sur l’activité de leurs fournisseurs exclusifs.

l’indemnisation du chômage partiel doit passer effectivement à au

moins 80%du salaire et être rendue accessible aux salariés à temps partiel ; les périodes

de non activité doivent êtremises à profit pour favoriser la formation individuelle en lien

avec les accords GPEC ; l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité

et la limitation du recours aux contrats précaires doivent être imposées en contrepartie

du soutien de l’Etat.

Publié dans capagauche35

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