Statut de La Poste La démagogie en action, suivant la CFDT.

Publié le par Patrick LEBORGNE

Fédération CFDT Communication, Conseil, Culture 47-49, avenue Simon Bolivar – 75950 Paris Cedex 19909

29 SEPTEMBRE 2009

Statut de La Poste La démagogie en action 

A l’été 2008, le Président de La Poste proposait au gouvernement de transformer le statut actuel de La Poste en Société Anonyme avec une ouverture du capital aux actionnaires privés à hauteur de 20 %. La CFDT s’est exprimée, aussitôt cette annonce faite, pour dire son refus de privatisation induite par le projet Bailly.

La CFDT a rappelé son attachement à ce que La Poste demeure un établissement public, non coté en
bourse, avec un financement exclusivement public.

Votation, référendum et après?

A question simpliste, réponse simpliste.

Aujourd’hui, un comité organise une " votation dite populaire " vraiment
populiste et pose une question fermée, oui ou non à la privatisation de La Poste. Dès maintenant nous pouvons annoncer, même avec un faible nombre de votants, la victoire du non…et après !!!

Quid des vraies questions ?

Des questions restent en suspens depuis des années : le financement des missions de service public, la capacité de développement de La Poste confrontée à l’arrivée de la concurrence en 2011, la dématérialisation du courrier et son corollaire la baisse des volumes, nos modes de vie, nos changements de consommation, bref tout ce qui impacte

directement l’emploi des postiers.


Contre le statu quo


Pour la CFDT, elle n’est pas la seule à le dire, le statu quo n’est plus possible. La
Poste a un impérieux besoin de "fric". C’est un constat partagé par celles et ceux qui ont un minimum d’objectivité et de pragmatisme. L’entreprise publique, à laquelle les français sont tant attachés, doit pouvoir affronter avec plus de sérénité les mutations (technologiques, sociétales, environnementales), sans précédent, de la décennie à venir.

La CFDT exige dans la loi des garanties fortes capables d’assurer:

· Un avenir à La Poste et aux postiers.

· Le financement pérenne des missions de service public qui lui sont

assignées par la loi.

· Des améliorations statutaires pour les postiers.


Oui au débat sur l’avenir de La Poste !

Si nous ne sommes pas surpris du positionnement de l’extrême gauche, aiguillonnée par le « p’tit facteur » qui répète, à qui veut bien l’entendre, que : «…de l’argent, il y en a !». Le "suivisme" du parti socialiste et de bien d’autres, par contre, nous laisse totalement dubitatifs pour ne pas dire perplexes. L’avenir de milliers de postier(e)s ne mérite pas d’être traité avec une telle inconséquence. Notre représentation nationale (sénateurs et députés) doit en débattre au Sénat et à l’Assemblée Nationale !


Des évolutions  incontournables

Les politiques qui se sont succédés au gouvernement n’ont jamais donné à La Poste les moyens d’assurer son avenir (à

l’exception notable de Michel Rocard en 1990)

Aujourd’hui, nous sommes au pied du mur ; les échéances sont là,

incontournables. 2011, c’est demain !

S’ils ne dotent pas La Poste des moyens nécessaires à son développement et à l’emploi des postiers, les parlementaires

devront en rendre compte aux postier(e)s comme  aux français(e)s qu’ils représentent.

Pour la CFDT, l’avenir de La Poste et des postiers

vaut mieux qu’un référendum


                                                    ************************


Je ne peux m'empêcher de livrer quelques remarques :

Soit la CFDT regrette de ne pas avoir participer à cette votation vu le succès remporté; soit elle poursuit dans l'acceptation des mauvais coups du libéralisme.

Nous l'avons constaté avec les retraites de 2003 et cette signature précipitée...

Nous le constatons encore avec l'assurance maladie, elle est à sa tête depuis 1997, et n'a toujours pas montré son progressisme...

Les exemples sont nombreux de signatures précipitées, là encore si nous lisons entre les lignes, elle ne s'oppose pas fermement à la recapitalisation de la poste, et veut négocier un meilleurs statut des postier. Or quel rapport de force oppose-t-elle au MEDEF ?

A vouloir trop négocier, à vouloir défendre impérativement le contrat au détriment de la loi quand on ne pèse qu'1% des actifs salariés (adhérents) et aux alentours de 26% aux élections professionnelles, on n'obtient que ce qu'un syndicat minoritaire peut obtenir.

Or en période de confrontation sociale le rôle de cette centrale syndicale n'est pas de négocier au rabais. Bergeron et FO dans les années 50-75 obtenaient toujours un petit quelque chose. Ces temps sont révolus ! Et cet exemple n'est pas bon pour le salariat.

Patrick LEBORGNE

Publié dans capagauche35

Commenter cet article