A L'ECOUTE DES SYNDICATS

Publié le par Patrick LEBORGNE

lundi 12 février 2007, 19h53
 
La "Sécu" professionnelle, une vieille idée syndicale reprise par S. Royal
 
Par Patrice NOVOTNY et Claudine RENAUD    
     
                         PARIS (AFP) -
La "sécurité sociale professionnelle" proposée dimanche par Ségolène Royal reprend un concept lancé de longue date par les syndicats pour protéger les salariés face à l'insécurité et l'instabilité de l'emploi, et déjà mis en avant à l'automne par le président Chirac.
Inventée par la CGT à la fin des années 1990, la notion présente des similitudes avec d'autres propositions syndicales, "le statut du travailleur" (CFTC) ou la "sécurisation des parcours professionnels" prônée, avec des variantes, par la CFDT, FO et la CFE-CGC.
Face à la persistance du chômage et la montée de la précarité de l'emploi, les syndicats veulent construire des dispositifs pour atténuer le choc des ruptures jalonnant la vie professionnelle, et ont entamé des discussions à ce sujet avec le patronat.
En octobre, Jacques Chirac a repris le concept et proposé une "sécurité sociale professionnelle" qui devrait "accompagner le salarié tout au long de sa vie professionnelle".
Dimanche, Ségolène Royal a annoncé qu'elle créerait "la sécurité sociale professionnelle qui garantira, contre une formation et une recherche active d'emploi, une rémunération égale à 90% du dernier salaire afin de permettre, sans drame, la mutation des emplois".
Sollicités par l'AFP, les syndicats se sont réjouis lundi de la popularisation du principe, avec prudence toutefois.
"Il faut inventer quelque chose de même nature que la Sécurité sociale, mais pour la carrière et l'emploi", souhaite Maryse Dumas (CGT). En cas de "mobilité subie", le syndicat prône le "maintien du contrat de travail et du salaire jusqu'au reclassement du salarié".
Une mesure financée par "une cotisation de l'entreprise, ou mutualisée auprès des entreprises du bassin d'emplois ou de la branche professionnelle" en fonction du "degré de responsabilité" dans la suppression d'emploi, selon Mme Dumas.
Le terme de "sécurité sociale professionnelle" est récusé par Jean-Claude Quentin (FO), "car il introduit l'idée que ce serait un système de droits de tirage universel systématique, (...) comme avec la Sécu quand on est malade".
La CFDT se réjouit que l'idée "d'accompagner les périodes de rupture fasse son chemin" et insiste sur l'instauration "d'une continuité de droits dans les carrières".
A la CFTC, Gabrielle Simon se dit "d'accord" sur le principe mais insiste sur "la nécessité d'un accompagnement personnalisé par une personne référente".
"Je n'ai rien contre, Mme Royal reprend quelque chose que l'Etat expérimente, le contrat de transition professionnelle (CTP)", souligne Alain Lecanu (CFE-CGC).
Lancé en avril 2006 par le gouvernement à titre expérimental, le CTP est testé dans sept bassins d'emplois sinistrés et concerne quelque milliers de personnes. Le bénéficiaire perçoit 80% de son salaire brut pendant un an et bénéficie d'un suivi renforcé pour sa recherche d'emploi.
Or, pour les syndicats, le sujet ne se limite pas à la prise en charge des "transitions" professionnelles, mais concerne aussi le maintien des droits à la formation continue et à la complémentaire santé.
Plusieurs candidats ont pris position. Nicolas Sarkozy souhaite "protéger les personnes plutôt que les emplois", en exigeant en contrepartie qu'elles ne refusent pas "plus de deux offres d'emplois successives".
A gauche, les collectifs anti-libéraux proposent d'assurer "au salarié la continuité de son contrat de travail et les droits associés".

Publié dans capagauche35

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