XAVIER BERTRAND

Publié le par Patrick LEBORGNE

Billet de mauvaise humeur pour un dimanche noir !
 
Xavier Bertrand quitte son ministère comme un voleur ! Voleur d’espoir, voleur de sécurité médicale, voleur de dignité !
 
Le 4 mars 2002, la gauche a fait adopter une loi reconnaissant la profession d’ostéopathe comme métier à part entière. Les ostéopathes sortaient enfin de l’ombre et pouvaient envisager de pratiquer leur métier en toute sérénité. C’était sans compter sur l’esprit retord de ce gouvernement de droite, sous l’égide de ses deux ministres de la santé et des solidarités, et de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. En cinq ans, ce même gouvernement n’a jamais travaillé sérieusement en concertation avec les étudiants et les professionnels de l’ostéopathie sur le décret d’application qui devait suivre l’adoption de la loi par le parlement. Ce décret devait encadrer les actes et conditions d’exercice de l’ostéopathie, la formation des ostéopathes et l’agrément des établissements de formation, visant à sécuriser les patients.
 
Comme elles s’y étaient engagées, la plupart des écoles d’ostéopathie se sont alignées sur le LMD des études universitaires européennes. Elles ont recruté des enseignants de faculté de médecine pour dispenser les heures d’enseignement théorique des sciences fondamentales médicales et de biologie humaine, et ont formé des enseignants docteurs ostéopathes pour assurer les heures d’enseignements théoriques et pratiques de l’ostéopathie. Il faut savoir que depuis 30 ans en France, les études d’ostéopathie ont été organisées sur 5 ans voire 6 ans dans les plus grandes écoles du pays, formant des professionnels compétents en matière de pratique et de diagnostic ostéopathique, études sanctionnées aujourd’hui par une licence professionnelle au bout de 3 ans d’études, un master professionnel ou clinicat 2 ans après, puis par l’équivalent d’un doctorat d’ostéopathie (DO) l’année suivante ou avec l’option pédagogie et encadrement 2 ans après (bac + 7).
 
Malgré l’engagement sérieux des écoles dans cette voie de l’excellence, le gouvernement actuel a fait passer les décrets 2007-435 et 2007-437 en catimini, le dimanche 25 mars, veille du départ de Xavier Bertrand de son ministère de la santé pour suivre Nicolas Sarkozy, sonhéros, ils vont de paire dans la gestion inique des situations graves ! Il a eu peur des quelques milliers d’étudiants de France, il a eu peur des grèves unitaires à répétitions, il a eu peur des protestations des patients qui sont plus de 20 millions en France, des professionnels et des étudiants qui s’élèvent contre les corporatismes des médecins, kinésithérapeute et pharmaciens.
 
En effet, ces décrets assortis de leurs arrêtés, réduisent la formation de 6 ans à 3 ans, interdisant alors certaines pratiques ostéopathiques et le droit au diagnostic, ce qui fondait la loi de 2002 proposée par la gauche, mettant ainsi en danger les patients puisque des pans entier de la formation tombent, laissant cependant toutes les prérogatives aux médecins et professionnels de santé reconvertis avec tous les droits de pratiquer, octroyés à eux seuls. Les étudiants ont peur d’être incompétents pour exercer après seulement 3 ans d’études et envisagent de s’expatrier pour être enfin reconnus pour ce qu’ils désirent devenir, de véritables professionnels de la santé comme dans de nombreux pays d’Europe et du monde.
Et oui ! La droite, portée par les lobbies avait une idée derrière la tête, surtout ne pas laisser cette manne de nouveaux patients à une nouvelle profession. Mais attention à ne pas les mettre tous dans le même panier, certains professionnels de santé se démarquent de ces pratiques arbitraires et illégitimes, et reconnaissent le droit d’exercer dans la dignité des ostéopathes exclusifs diplômés par les écoles d’ostéopathie. C’est une nouvelle fois le reflet de cette droite destructrice, employant des méthodes de sauvage visant l’anéantissement de la loi de 2002 légalisant la profession, c’est un coup d’épée dans le dos des futurs diplômés ostéopathes !
Claire G.

Publié dans capagauche35

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