Didier Migaud: quand le tableau de chasse de Nicolas Sarkozy s'étoffe.

Publié le par Patrick LEBORGNE

Didier Migaud: quand le tableau de chasse de Nicolas Sarkozy s'étoffe.

jeu, 25/02/2010 - 14:18 — jl.tourenne

 

M. Sarkozy est un fin stratège, c’est indéniable. Son tableau de chasse s’étoffe. Ma conviction personnelle est que cette stratégie, établie sans socle idéologique, uniquement sur des principes de remerciements ou d’octroi de sièges, uniquement sur la satisfaction sans limite d’un ego présidentiel, s’effondrera du jour au lendemain car elle est fragile, ses pieds sont d’argile.  Mais c’est une autre histoire.

 

Le concert de louanges qui accompagne la nomination de M. Migaud m’agace : elle n’est pas d’une démarche différente de celle des Besson et consorts.  Car il y a la un début de compromission qui ne sert pas l’intérêt de son parti, de ses idées mais surtout et essentiellement celui d’une urgente et nécessaire justice sociale. Il se prête à un jeu dangereux, qui manque cruellement de noblesse, et où chacun de ceux qui y jouent ont toutes les peines du monde à justifier qu’ils ne le font pas par allégeance ou assouvissement de leur ambition.  M. Migaud paraissait bien embarrassé hier matin sur France Inter lorsque le journaliste lui signalait que le Président de la République parlait de lui en commençant par « mon ami ». Et M. Migaud de répondre notamment qu’il croyait M. Sarkozy sincère dans sa volonté de réforme ! Mince alors ! Elle est pas mal celle là !

 

Si la fin justifie les moyens alors, oui, la nomination de M. Migaud à la tête de la Cour des comptes est à saluer. Mais je garde en mémoire le soutien public et confirmé de M. Migaud à la candidature de M. Méhaignerie aux dernières législatives, contre une candidate socialiste... En politique comme ailleurs, la courtoisie s’impose, l’élégance également. Je ne sais pas si il y a eu de sa part d’autres initiatives de ce type qui lui auraient  permis de s’attirer les faveurs du pouvoir mais ce soutien, confirmé et assumé m’interpelle.  Les qualités intellectuelles de M. Migaud sont indéniables mais cette conception du pouvoir n’est pas la mienne, pas plus qu’elle n’est celle de l’immense majorité des membres élus ou militants du PS.

 

Les premiers mots de M.  Migaud furent pour M. Seguin puisqu'il soulevait ce mardi la difficulté qu’il aurait à lui succéder. Je le lui confirme, leur parcours ne bénéficiant déjà pas tout à fait de la  même clarté. Souhaitons que sa clairvoyance et sa rigueur intellectuelle soient maintenant sans faille à  la tête d’une institution majeure pour la défense des libertés et de la démocratie locale, qui plus est à l’heure de la recentralisation, de l’asphyxie financière des collectivités locales, de la mise à sac des initiatives locales.

Publié dans capagauche35

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