ASSURANCE MALADIE

Publié le par Patrick LEBORGNE

De l'idéal à l'essentiel


Comment aborder le sujet ? Faut-il remuer les susceptibilités ? je crains que oui, je vais tenir des propos assez durs, ceux qui me connaissent ne seront pas surpris.
Je précise néanmoins que j'ai été trésorier d'une mutuelle professionnelle et que je suis toujours administrateur d'une section départementales d'une mutuelle nationale.

 
Imaginons un gros gâteau (cotisations/prestations) mais qui se mange en parts inégales ?


- La Caisse Nationale d'Assurance Maladie : elle est présidée par la CFDT depuis 1996, avant c'était FO qui, dit on, finançait par ce biais sa formation syndicale. Les Caisses Régionales et Locales sont aussi présidées par un Conseil d’Administration à direction syndicale..
- les mutuelles : nous trouvons beaucoup de syndicalistes dans les CA ...
- Les assureurs privés, depuis 20 ans : ils ont une particularité due à leurs prérogatives, ils peuvent faire du dumping commercial en acceptant de perdre de l'argent sur les risques maladies tant ils dégagent par ailleurs de profits.
- et maintenant les banques assurances : elles ont un avantage énorme, elles connaissent parfaitement l'état de santé physique et mentale de leur client....
IL EST VRAI QUE LES PARTS DU GATEAU SONT INEGALES. C'est pourquoi les libéraux souhaitent la disparition de l'Assurance Maladie au profit du privé. Claude Bébéard ne cesse pas depuis 20 ans de faire du lobbying sur ce dossier. Imaginez un peu qu’un peu plus que l’équivalent du budget de l’Etat français ne passe pas par les caisses du privé. Quel manque à gagner ….


Les pâtissiers, qui sont-ils ?


Evidemment, ce sont les malades, et que constate-t-on depuis 2002 ?
- diminution des budgets de la recherche, de la santé, des hôpitaux (notamment en matière d'investissement)
- fermeture d'unités hospitalières qui pourraient être affectées à la prévention, (commencé avant 2002...)
- dégradation de la médecine du travail, qui pourtant exerçait un rôle primordial de prévention,
- dégradation des conditions de travail, que l’on constate aujourd’hui par l'explosion des maladies professionnelles et la souffrance au travail ...
- déremboursement de médicaments, augmentation de certains actes ...
La mode aujourd'hui est à l'économie sur les soins et la médecine de ville.


Et maintenant , comment réaliser une bonne cuisine ?

 
En définissant les besoins réels à tous les niveaux :
- Prévention tout au long de la vie, cela nécessite une médecine scolaire de qualité, une médecine du travail reconnue, écoutée et active au niveau des conditions de vie au travail.
- Un budget des hôpitaux au service des malades
- La nécessité de créer des centres de soins locaux, notamment en dotant et en regroupant les structures de prévention contre les conduites addictives (tabac, drogue, alcool, médicaments, etc.). Ils sont trop éloignés et dispersés.
- La prise en charge de la totalité des remboursements par l'assurance maladie (On peut s’interroger sur la nécessité de maintenir des mutuelles), ne laissant aucune place, aucun marché au système assurantiel.
- Création d'un cinquième risque (dépendance)


Ainsi il sera aisé d'établir les besoins et d'adapter le financement.


Si l'on souhaite une société plus juste et équitable, nous devons nous poser les bonnes questions. La CMU a été créee par le gouvernement Jospin. Elle intervient pour les plus défavorises. Par contre "les travailleurs pauvres", les précaires et temps partiels qui dépassent le seuil de quelques euros n'ont pas les moyens de se payer une complémentaire. Ils passent au travers du système de soins…
En outre les mutuelles sont attaquées de toutes parts par les assureurs, à terme leur existence est menacée.

Les vérités et les exceptions de 1945 ne sont plus les mêmes aujourd'hui, les besoins non plus. La fraternité (devise de la république) est le complément direct de liberté. Or il ne peut pas il avoir de liberté si nous vivons une absence d'égalité, car, sans cette solidarité il n’y a pas de choix réel, mais des choix contraints. Il s'agit bien là de l'accès pour tout le monde à des soins de qualité quand l'espérance de vie ne cesse de s'allonger.

En 1990, Michel Rocard proposait le transfert des cotisations de l'assurance maladie du salaire vers les revenus, avec un type de calcul inversement proportionnel à ceux-ci. L'ensemble de la mesure a été rejeté. Syndicalement, à l'époque je faisais parti des opposant à ce projet. Peut être à l'époque avait-il raison ?

Il nous appartient de convaincre de la nécessité d'une grande réforme mais pas d'un replâtrage de plus. Le débat est ouvert.

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Publié dans capagauche35

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