SYNDICALISME

Publié le par Patrick LEBORGNE

A tous ceux qui parlent sans connaître.
 
…« Chaque salarié devra ou devrait être syndiqué, développons le droit syndical, élaborons une nouvelle co-gestion, aidons le syndicalisme de masse… » J'en ai lu des vertes et des pas mûres sur certains forums de débats et discussions de salon de thé, même pas de café du commerce, ce serait faire trop d'honneur !
 
IL N'Y A RIEN DE PIRE QUE DES MILITANTS POLITIQUES QUI PARLENT DE SYNDICALISME sans même avoir versé une cotisation à un syndicat. Pire, certains ne les reconnaissent même pas. Ayant animé une commission fédérale, une militante un jour en réunion nous demandait « … à quoi servent les syndicats… »
 
Or, vouloir importer en France ce qui se pratique en Suède, Grande Bretagne ou Allemagne est un non sens historique.
 
Quelques repères sont nécessaires pour mieux appréhender la situation.
 
La France est latine (fille aînée de l'église catholique romaine) les autres pays de l'Europe du nord sont calvinistes. L'approche et les conceptions, notamment de la richesse, sont différents, les rapports sociaux également surtout dans leurs évolutions.
 
La France a connu plusieurs révolutions qui s’apparentent plus à des émeutes populaires contre les dirigeants en place qu'à une transformation sociale durable, puisqu'à chaque fois le pouvoir en place n'a pas duré.
 
Un peu d’histoire
 
En 1822 se créé en Angleterre le « committee of the useful classes » décrit comme la plus ancienne organisation syndicale au monde.. En 1866 se crée « l’united Kingdom organisation ». Leur fusion en 1866 donnera naissance aux « Trade Unions ».
Le 28 février 1900 cet ensemble syndical créera le « labour party ». C’est le débouché politique à la revendication.
 
En Allemagne, en 1875, le SPD se crée par la fusion de  « l’association générale allemande des travailleurs » fondée en 1863 et le « parti travailliste social démocrate » fondé en 1863.
Face à cette force, Bismarck se voit contraindre de faire voter des lois sociales importantes (non par progressisme mais par obligation), notamment la première loi concernant l’assurance maladie en Europe.
 
En France nous avons connu la révolution de 1789, celle de 1830 -31 (émeute des Canuts à Lyon), celle de 1848, et la commune de 1871 Mais il aura fallu attendre 1884 pour que soit reconnu le droit syndical, et 1895 pour le congrès constitutif de la CGT. Le courant anarcho-syndicaliste y est majoritaire, ce qui vaudra l’adoption de la « charte d’Amiens » en 1906 qui consacre le principe de l’indépendance du syndicalisme par rapport à l’organisation politique.  Elle vient en opposition à « l’hégémonie  socialiste» suite au congrès du Globe de 1905 qui voit l’unification des socialistes et la création de la SFIO.
 
On le voit, l’histoire du mouvement ouvrier est très différente entre la France et les pays « réformés ». Historiquement, en France, le lien s’est coupé entre syndicats et partis. Rappelons d’autre part qu'il n’y a jamais eu de Parti Communiste fort en Angleterre, en Allemagne ou en Suède.
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Autant au nord de l’Europe les rapports sociaux peuvent se contractualiser entre organisations syndicales, partis politiques et pouvoir, malgré le contre exemple de la période THATCHER en Angleterre, et la casse des droits sociaux qu’elle a réalisé. Mais QUI s’en souviens aujourd’hui? Autant en France nous ne sommes pas en situation de proposer un rapport de force permettant d’officialiser le contrat au détriment de la loi.
 
Les grandes conquêtes sociales 1936 et 1968 sont liés à un rapport de force et à une négociation avec l’Etat et le patronat comme partenaire. 1936 c’était le front populaire, 1968 la fin des trente glorieuse et 1982 les lois Auroux après la victoire de Mitterrand. Les 35 heures furent un acquis de la gauche plurielle vote de deux lois au parlement, car la loi de Robien ne s’appliquait que de manière défensive pour sauvegarder de l’emploi et dans des conditions discutables. Qui peut citer aujourd’hui en France une grande loi sociale qui soit le fruit d’une négociation entre les partenaires sociaux sans intervention de l’Etat ? Je n’en connais aucune.
 
Nous ne devons pas oublier non plus que le salarié est subordonné à son employeur, c’est prévu par le contrat de travail. Le salarié n’est pas un travailleur « libre », et un contrat est par nature un accord entre deux personnes d’égal statut, ce qui est loin d’être le cas. Alors, si l’on veut contractualiser à outrance comme certains sociaux libéraux le souhaitent et compte tenu du faible taux de syndicalisation, on imagine très bien le danger.
 
Alors oui, nous devrons favoriser la syndicalisation une fois revenu au pouvoir, mais pas en pensant à la place des syndicalistes, simplement en prenant des mesures simples :
-          Renouvellement de la démocratie sociale et de la représentativité ;
-          Elections professionnelles le même jour pour tous les salariés du privé comme du public. 
-          Financement public des organisations syndicales en plus des cotisations volontaires (elles le sont déjà à travers la formation et les moyens matériels ainsi que les mises à disposition).
-          Pouvoir étendu des représentants syndicaux dans les conseils d’administration, notamment en exerçant un droit d’alerte sur les délocalisations.
-          Prise ne charge de certaines formations par des organismes compétents.
-          Réforme des C.E. qui doivent être plus qu’un simple « Comité des œuvres sociales ». Est-ce bien leur rôle que de s’occuper des cadeaux de Noël ?
Mise en place de C.E. et de représentants du personnel par bassins d’emploi ou inter - entreprises pour les P.ME. et T.P.E.
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Publié dans capagauche35

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N
Et la représentation des élus du personnel au sein des conseils d'administration avec pouvoir de veto ?
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P
Bonjour camarade,<br /> Je l'ai précisé "avec droit d'alerte pour les délocalisations" . Par contre ce que nous n'avons pas assez travailler au parti et à la CNE entre autre ce sont les différents niveaux de sous traitance. Je pense que les collectivités locales socialistes devraient monter l'exemple dans les passasions de marchés. <br /> Atrement la gestion des entreprises se fait essentiellement ,pour les grosses boites, par succession d'holdings. Et là il est difficile de trouver des éléments financiers  pour faire jouer les droits d'alerte. Sauf à exiger la publier des comptes de tous les intervenants.<br /> Exemple : <br /> - la holding propriétaire des murs;<br /> - celle chargée de la recherche développement<br /> - la production<br /> - la vente et l'export....<br /> Je l'ai constaté en gérant des marchés publics.<br /> Bien à toi et meilleurs voeux pour 2007<br /> Patrick<br />                     
J
Mon très cher frère,<br /> <br /> Je ne partage pas du tout ton analyse sur la dénonciation sibylline des propositions de notre candidate. <br /> <br /> Ségolène Royal entend justement dans son projet - qui est le nôtre puisque c'est le projet socialiste - renforcer le pouvoir de force des organisations syndicales face au patronat et non pas privilégier telle ou telle organisation ; l'adhésion à un syndicat ne se décrète pas mais elle peut être encouragée, c'est le sens de ses propositions.<br /> <br /> L'histoire des socialistes au pouvoir (1936 à 2002) démontre combien ils ont servi la cause syndicale en France.<br /> <br /> A l'encontre de ce que tu évoques, il n'existe pas au sein du PS et des partis sociaux-démocrates de sociaux libéraux ; ces termes ne peuvent être associés ni en philosophie, ni en idéologie, ni en économie politique, tant ils sont antinomiques. <br /> <br /> Le projet socialiste pour 2007 et le programme de Ségolène Royal est aux antipodes de celui de la droite libérale.<br /> <br /> Relire l'histoire du PS depuis 1971, celle des conquêtes et des avancées sociales et des nouveaux droits accordées par les gouvernements socialistes depuis 1981 te permettra de ne plus commettre cette erreur de jugement.<br /> <br /> Je t'invite à participer aux débats participatifs pour enrichir le programme de Ségolène Royal, car je sais que tu peux y apporter du nouveau en termes de syndicalisation.<br /> <br /> Enfin, plus nous participerons à ces débats, plus l'espoir de 2007 ressemblera à ceux de 1936, de la Libération, de 1981 et de 1997.<br /> <br /> Bises<br /> <br /> Jean Pierre
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