Jean François COPE CHEF DES BRADEURS
Empêtré dans des démarches contradictoires : obligation de baisser les impôts pour les ménages aisés, d'un côté, et promesses électorales, de l'autre, l'Etat a trouvé une solution originale. Il délocalise ses services parisiens pour les installer en banlieue. Exemple avec le déménagement de services du ministère du Budget à Montreuil.
C'est dur d'être gestionnaire quand on doit à la fois diminuer les impôts, pour tenir les engagements de Chirac, et financer la politique électoraliste dont le droit au logement opposable est le dernier avatar. Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et porte-parole du gouvernement, semble avoir trouvé le moyen de résoudre la quadrature du cercle.
Depuis plusieurs mois, il a entrepris de vendre les "bijoux de famille" de la République en cédant le patrimoine immobilier de l'Etat à Paris. En 2006, c'est un milliard d'euros, à peu de choses près, qui sont ainsi rentrés dans les caisses de la nation. Mais que faire des services ainsi mis à la rue ? Ils sont délocalisés en banlieue. Dernier exemple en date : la sous-direction de l'action sociale du ministère du Budget devrait déménager, avec ses quelque 400 agents, à Montreuil, de l'autre côté du périphérique. Là où les loyers sont moins chers que dans la capitale.
De notre côté, nous sommes assez favorables à l'implantation de ministères et autres administrations nationales en banlieue. Notamment dans la banlieue Est, mal aimée du développement économique régional. Nous aurions applaudi des deux mains si Jean-François Copé, lui même, avec son staff avait demandé à la municipalité d'union de la gauche la possibilité de s'installer sur ce territoire.
Mais il ne faut pas rêver, ce n'est qu'une sous-direction qui sera délocalisée. Or, il se trouve que les administrations publiques n'acquitent pas la taxe professionnelle, contrairement aux entreprises privées. Du coup, le manque à gagner pour la municipalité de Montreuil est de 400 000 euros par an. Une paille... surtout quand on sait que le revenu moyen des Montreuillois est inférieur de presque 2 800 euros par an au revenu moyen d'Ile-de-France. Ce qui met en lumière les besoins sociaux d'une population fragilisée par la politique économique et sociale que mène, par ailleurs, le gouvernement.
De facto, le ministre du Budget se livre à une opération immobilière et financière sur le dos des collectivités locales, renflouant ses caisses et faisant payer l'ardoise aux communes. Est-ce vraiment cela la cohésion sociale ?
Publicité