LA FIN D'UN SYMBOLE DE L'HORREUR Maurice PAPON, ANCIEN PREFET ET MINISTRE RPR

Le symbole de la collaboration vichyste avec l'horreur nazie vient de mourir dans un hôpital. La nouvelle est tombée ce samedi soir : Maurice Papon, 96 ans, est mort à 15h20, a annoncé son avocat, Me Francis Vuillemin.
Maurice Papon, ancien secrétaire général de la préfecture de Bordeaux, né en 1910 à Gretz-Armainvilliers, Seine-et-Marne avait été condamné le 2 avril 1998 par la cour d'assises de Bordeaux à dix ans d'emprisonnement pour "complicité de crimes contre l'humanité" pour sa responsabilité dans la déportation de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.
Alors qu’il se situait plutôt à gauche avant la guerre, il adopte en 1940 les idées de la « Révolution nationale » du Maréchal Pétain.
Il est nommé en 1942 secrétaire général de la préfecture de la Gironde, à Bordeaux, en zone occupée. Bras droit du préfet, il y dirige le Service des questions juives.
Jusqu’en mai 1944, ses services recensaient les Juifs dans les hôpitaux, les sanatoriums et les maisons de retraite et organiseront l’arrestation et la déportation des Juifs de la région bordelaise vers le camp de Drancy créé en 1940.
Bien que mis en cause à la Libération par des résistants, il devient directeur de cabinet du commissaire de la République (haut fonctionnaire mis en place à la Libération en remplacement des préfets de Vichy) à Bordeaux. Il sera préfet de la Corse (1947), puis de Constantine en Algérie (1949), secrétaire général du protectorat du Maroc (1954-55), inspecteur général régional des départements de l'Est algérien (1956-1958).
Préfet de police de Paris entre 1958 et 1967, il est également connu pour son rôle capital dans la répression sanglante de manifestations pacifiques dont la grande manifestation des Algériens le 17 octobre 1961, à Paris. Il est également l'ordonnateur direct de la mort de neuf personnes anti-OAS, dont huit militants communistes au métro Charonne le 8 février 1962...
Papon devint ensuite dirigeant gaulliste de l'UDR, puis du RPR. Il est élu député du Cher en 1968, mandat qu'il abandonne en 1978 pour entrer dans le gouvernement Barre comme ministre du budget, poste qu'il occupa jusqu'en 1981.
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