EADS
« Libération »
Alain VIDALIES, Chargé des entreprises au PS : « La question de la hausse de la participation publique est posée »
Alain VIDALIES est député des Landes et secrétaire national du Parti socialiste en charge des entreprises.
Que pensez-vous de ce plan ?
Ce plan répond à une situation dont il faut dégager l'origine et les responsabilités. Les anciens dirigeants d'EADS en portent une grande part. Ce plan est extrêmement précipité et a un coût social énorme. Il représentant également le risque que la philosophie de la réduction des coûts qui sera appliquée soit la même que celle conduite par Airbus, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour les sous-traitants.
Faut-il que l'Etat augmente sa participation dans le capital ?
Je ferai d'abord une observation simple. Dans une économie de marché, la concurrence dans ce domaine ne concerne que deux compétiteurs, EADS et Boeing, dont les efforts en matière de recherche et de développement sont largement financés par les crédits militaires du gouvernement. Dans ce type d'entreprises, les Etats ne peuvent être absents. Si EADS ne parvient pas à augmenter son capital, la question d'une participation publique est bien entendu posée.
La parité euro-dollar est-elle en cause ?
Ce n'est pas la seule explication, mais elle est majeure. Elle est à l'origine des 30% des disparités de compétitivité. Pour Airbus, c'est un coût énorme.
Quelles peuvent être les conséquences de cette crise sur la construction européenne et le couple franco-allemend ?
Si on en arrive à considérer que la manière dont a été constitué le capital et réparti le travail entre les pays européens est à l'origine de la crise, c'est une condamnation qui correspond à la réalité. La cause principale de cette crise tient plus à des erreurs industrielles et à une politisation du management qu'à son mode de fonctionnement européen.
Recueilli par CHRISTOPHE FORCARI
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