Commentaires à la tribune libre de Jean Claude du Chalard

Publié le par Patrick LEBORGNE

 
 Je n ai toujours pas compris pourquoi dans notre parti on passe des semaines sur des débats  programmatiques puis à voter lors d un congrès pour que quelques mois plus tard le (la) candidat(e) désigné(e) remette tout à plat. Deux solutions: on a fait un consensus mou pour se faire plaisir sur un texte dont chacun savait qu'il ne déboucherait pas sur un programme de campagne (j appelle ça alors faire de la poésie, perdre son temps et se foutre de la gueule des militants), ou on n'est pas capable de trouver un candidat qui s'engage à défendre le projet adopté au congrès. Je pense qu'il y a un peu des deux mais si on veut  être efficace il faudrait un peu plus de cohérence : on arrête un projet politique précis (avec des mesures concrètes et chiffrées) puis on choisit parmi les candidats qui s'engagent à le défendre. On aurait pu ainsi commencer la campagne en décembre, voir même avant d'avoir désigné le candidat, de plus tous les socialistes auraient défendu le même projet, évitant le brouillage « involontaires » de la communication : X disant une chose, Ségolène disant l’inverse le lendemain, Y donnant sa position le surlendemain.
Il ne faudrait pas penser que c’est une idéologie qui a gagné (le libéralisme) ou que qu’à travers le vote BAYEROU c’est la sociale démocratie qui a le vent en poupe. En arrivant à ces conclusions on pourrait par calcul purement électoraliste (ce qui n’est déjà pas très éthique) engager le PS vers le réformisme.
Le vote BAYEROU c’est le vote du ni/ni, c'est-à-dire un refus de l’approche SARKO qui oppose les Français les uns aux autres, mais aussi le rejet d’un discours brouillé voir brouillon de la part de la candidate socialiste qui pendant longtemps n’aboutissait sur rien de concret face aux problèmes très concrets des gens.
Par exemple face à la proposition de SARKO du « travailler plus pour gagner plus », on a répliqué par le projet de réunion autour d’une table des puissants et très représentatifs syndicats français avec les gentils patrons prêts à ouvrir leur portefeuille !!!
Non seulement on n’a pas été capable de démonter les inepties du programme SARKO mais on n’a pas mis en regard des propositions concrètes et réalistes pour améliorer la vie des français.
SARKO a eu l’intelligence d’offrir un méli-mélo de réponses dans lequel chacun pouvait trouver son bonheur.
Les Français n’ont pas eu l’impression de faire un choix de société mais de signer le devis qui correspondait le plus à ce qu’ils attendaient sur tel ou tel point.
SARKO proposait de raser gratis, Ségolène de chercher à découvrir la molécule qui empêcherait la barbe de pousser.
En résumé, nous avons été nuls sur la contre attaque et pas beaucoup mieux sur les propositions.
Nous devons élaborer maintenant un projet concret qui devra aboutir sur l’amélioration de la vie des gens dans le cadre d’une économie solidaire sans pour autant remettre en cause la libre entreprise.
Même en pleine croissance, on ne pourra pas faire l’économie de prendre partie entre les détenteurs du capital et les salariés, demandeurs d’emploi et retraités.
C’est le rôle du partie socialiste d’annoncer clairement que si il doit encourager la croissance, il doit aussi veiller, y compris par la loi, au juste partage de la valeur ajoutée, dans les entités économiques et entre les français : oui au dialogue social mais surtout oui à un état fort qui n’hésite pas à intervenir. C’est pour cela que la proposition à faire aux français ne doit pas s’inspirer de thèses sociales démocrates mais être ancrée dans le socialisme.
N’en rougissons pas, n’en ayons pas honte, ne prenons pas les français pour des imbéciles, je suis certains qu’avec de la sincérité et de la pédagogie nos thèses prévaleront, surtout malheureusement après 5 ans de politique à la sauce SARKO.
Marc Claudot, militant socialiste rennais.
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Publié dans capagauche35

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