On cherche à nous culpabiliser

Publié le par Patrick LEBORGNE

     

 

 

 

On cherche à nous culpabiliser

« La France vit au dessus de ses moyens »

C’est faux :

 

Ø la France est le 5ème pays le plus riche au monde,

 

Ø les français produisent l’équivalent de 2000 milliards d’euros chaque année

 

(et seulement la moitié est imposée par l’état ou les collectivités locales)

 

Ø la France n’a jamais été aussi riche et productive, l’économie n’a jamais été aussi développée

 

Les « moyens » de la France

Si les recettes sont systématiquement inférieures aux dépenses depuis presque 40 ans :

 

Ø ce n’est pas parce qu’il y a trop de dépenses :la population augmente, les dépenses augmentent en conséquence

 

Ø encore moins parce qu’il n’y aurait pas assez de richesses produites en France

 

L’état français se prive lui-même

des moyens nécessaires pour couvrir ses dépenses.

 

Ø parce que les gouvernements ne font pas le choix politique d’aller prendre l’argent là où il se trouve au lieu d’imposer ceux qui ont de l’argent, les gouvernements successifs ont préféré leur emprunter (preuve qu’il existe cet argent !) et leur verser en retour des intérêts

 

Ø ceux qui ont de l’argent sont doublement gagnants (moins d’impôts + rente sur le dos de l’état et des français).

 

Ø le reste des citoyens, l’immense majorité des citoyens, sont en conséquence doublement perdants.

 

On cherche à nous effrayer

« La France est un pays surendetté, la France est en faillite »

87% d’endettement ou 12% ?

85% d’endettement est le calcul fait du rapport de la dette totale, 1675 Milliards d’euros, à ce que les français produisent chaque année, c'est-à-dire le PIB (2000 milliards d’euros), d’où le chiffre de 85% d’endettement.

12% d’endettement c’est le chiffre qui représente la réalité de cette dette si on la calcule sur le nombre d’années de remboursement qui est en général de 7 ans.. Si on doit réellement comparer cette dette avec ce que la France gagne alors il faut la comparer avec les richesses produites par les français pendant ces 7 ans et non pas pendant 1 an, donc il faut les comparer à 14000 milliards d’euros et non plus seulement 2000 milliards …

Rapporter la dette publique à chaque habitant

Comme si c’était à chacun de nous de la payer avec nos seuls revenus, alors qu’en réalité c’est à l’état de la payer, et l’état ne tire pas ses recettes uniquement que de nos revenus, mais de tous les revenus de toute l’économie.

Et le méchant ogre, les agences de notation

On nous explique que si l’on ne se plie pas aux exigences des marchés financiers la France risque de perdre la fameuse note AAA

L’endettement, l’enrichissement des banquiers

La dette au Sud comme au Nord

est bien l’outil de domination des peuples

Le système de la dette qui étouffe les pays du Sud, surtout depuis les années 80, sert l’intérêt des créanciers et piétine les droits fondamentaux des populations.

 

Ø La dette ne sert pas à apporter au Sud les sommes manquantes pour son décollage économique.

 

Ø Au contraire, cette dette organise l’envoi de quantités colossales de capitaux depuis les pays du Sud vers les coffres des financiers : entre 1985 et 2010, les remboursements par les pouvoirs publics des pays du sud ont été supérieurs au montant des nouveaux prêts pour environ 666 milliards de dollars.

 

Ø Ce qui signifie que les gouvernements ont dû y consacrer la totalité des nouveaux prêts et ajouter 666 milliards de dollars pour parvenir à la somme demandée par les créanciers.

 

Et c’est la mise en place d’une spirale infernale

qui ne rapporte que misère et domination aux peuples du Sud.

Or, les gouvernements des pays du Nord mettent aussi en place des politiques au service de la finance et depuis la crise des banques de 2007, ils ne cessent de se placer sous la domination de la finance et soumettent leur population à des plans d’austérité qui ont tous déjà fait leur preuves dans les pays du Sud.

Les populations des pays du Sud ont presque déjà 30 ans de lutte contre ces politiques qui ne répandent que misère. Et, c’est ainsi que, par exemple l’Equateur a exigé un audit de sa dette ou que l’Argentine a installé un moratoire et a annulé une partie des dettes.

Comment apparaît cette dette publique ?

 

Ø Avant 1973 l’Etat emprunte sans intérêts ou à taux très bas

 

Avant la réforme de la banque de France en 1973, destinée à adapter le système bancaire français au futur système européen, l’état pouvait emprunter directement à sa banque centrale (c'est-à-dire à la Banque de France, institution publique nationalisée en 1945) sans payer d’intérêts.

 

Ø La réforme de 1973 :L’Etat est obligé de payer des intérêts

 

L’état est, depuis la réforme, obligé d’emprunter sur les marchés financiers privés et donc obligé de payer des intérêts.

La dette publique est apparue dès ce moment.

Qu’ est ce qui a motivé les politiciens en 1973

 

Ø L’intérêt financier pour les spéculateurs, et en particulier pour les banques est évident. Et quand on comprend que ce sont des banquiers qui ont conseillé nos politiciens pour mettre en place tout ce système monétaire et financier au niveau européen, le conflit d’intérêt est lui aussi évident.

 

Ø Quand à l’intérêt politique, on l’entrevoit assez nettement dans l’instrumentalisation que certains politiciens font de la dette et de la crise grecque pour imposer des politiques de régressions sociales et de privatisation avec leurs fameux plans de rigueur politiques.

 

Explosion de l’endettement des différents états

Aujourd’hui, sur les marchés financiers, diverses institutions financières, comme des sociétés d’assurances, des particuliers qui ont de l’argent à placer et principalement des banques achètent les obligations qui sont émises par les états.

Depuis la crise de 2008, le marché le plus sûr est celui

des obligations d’états

car les banques n’ont plus confiance entre elles.

Et les Etats ont grandement besoin d’emprunter car suite à la crise ils affrontent :

 

- une récession économique

 

- des lourds déficits sociaux

 

- ils ont emprunté en masse pour sauver les banques et le système financier qui menaçait de s’effondrer

 

- ils ont financé des plans de relance de l’économie

 

Tous les pays ont vu leurs déficits doubler, voir tripler

et  les banques se sont particulièrement gorgées d’obligations d’état.

Les taux d’intérêts, botte secrète des banques

L’argent que les états empruntent à ces banques, c’est de l’argent que ces banques ont elles-mêmes emprunté à la banque centrale européenne auparavant à un taux d’intérêt de 1%, son fameux taux directeur.

Or le taux auquel les banques prêtent à la France oscille en moyenne entre 3 et 4%. Grâce à ce système, les banques se font donc sur le dos des français de belles marges de 2 ou 3%. Sur des sommes qui se comptent en millions ou en milliards, c’est un placement particulièrement lucratif.

Durant la crise de 2008, toute l’économie était en récession,

et

seules les banques s’en sont sorties avec des bénéfices records.

Pour un pays comme la Grèce, les banques n’exigent pas 3% comme la France, mais un taux de 18% pour les obligations de 2 ans, pour le Portugal un taux de 12% etc …

Et il ne faut pas aller chercher plus loin les raisons de la crise en Grèce, ou qui s’annonce dans les autres pays comme l’Espagne l’Italie ou le Portugal, car aucun pays ne peut soutenir sa dette actuelle à un taux de 12 ni même de 18%.

Si la France devait payer 18% d’intérêts et non pas 3%, elle devrait payer chaque année 300 milliards d’euros d’intérêts, et non pas 50.

si la Grèce pouvait emprunter directement à la banque centrale européenne au lieu de devoir emprunter à 18% sur les marchés financiers, la crise qu’elle subit serait immédiatement résolue !

 

Publié dans capagauche35

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