SARKOZY NE LAVERAIT-IL PLUS BLANC ?

Publié le par Patrick LEBORGNE

    
    
Article paru dans "LIBERATION"
     
   
Scandale financier autour d'oeuvres d'art dans les Hauts-de-Seine.
 
Voilà au moins une promesse que Nicolas Sarkozy n'a pas tenue. Sous sa casquette de président du conseil général des Hauts-de-Seine, le président de l'UMP avait déclaré, en janvier 2005, qu'il voulait «sortir» le département d'un dossier de gabegie de fonds publics doublé de soupçons de détournement. Mais l'affaire de la donation Jean Hamon, qui a valu à deux barons du «92», Charles Pasqua et André Santini, d'être mis en examen, continue de tourner au vinaigre, et sa gestion par Sarkozy ne semble pas plus brillante que celle de ses prédécesseurs.
Pasqua et Santini. La cour d'appel de Versailles vient en effet de confirmer que le conseil général est bien le propriétaire d'une collection d'art contemporain estimée à 12 millions d'euros. Cette apparente bonne nouvelle n'en est pas une, car la collectivité locale souhaite par-dessus tout se débarrasser de ces 192 oeuvres d'art, pour ne plus avoir à payer leur entretien et leur stockage. A l'origine, cette collection, fruit d'une donation faite en 2000 par un riche mécène, Jean Hamon, devait être exposée dans un musée d'Issy-les-Moulineaux. Ce projet n'a finalement pas vu le jour. L'affaire a pris un tour judiciaire en 2003 lorsqu'une juge versaillaise s'est demandée pourquoi le département a financé à Jean Hamon, sans aucune rigueur, pour 800 000 euros d'entretien et de loyers des oeuvres, stockées dans un château propriété du milliardaire. La justice se demande même si une partie de l'argent ne s'est pas évaporée. Ces soupçons de détournement de fonds publics ont valu à Charles Pasqua, prédécesseur de Sarkozy à la tête du département, et à André Santini, président du syndicat mixte créé pour le projet du musée, ainsi qu'à plusieurs hauts fonctionnaires de la collectivité locale d'être mis en examen.
Mise en demeure. Mécaniquement, la question de la mise en cause judiciaire de Nicolas Sarkozy peut se poser, puisque, après sa prise de pouvoir, début 2004, le conseil général a continué à payer pendant un an les frais de location des oeuvres d'art alors qu'à ce moment tout le monde savait que le projet de musée était enterré. Deuxième bévue : le conseil général a finalement décidé d'arrêter de payer, et lancé une procédure pour que la justice dise que la donation faite par Hamon était inexistante. Raté, puisque la cour d'appel vient donc de confirmer que le département en est bien l'heureux propriétaire. Conséquence, Me Philippe Gumery, l'avocat de Jean Hamon, a adressé une mise en demeure au conseil général, à la ville d'Issy-les-Moulineaux, dirigée par André Santini, et à un syndicat mixte pour qu'ils règlent les loyers impayés (près de 300 000 euros). «En sortir», avait promis Sarkozy, qui a d'autres chats à fouetter...

Publié dans capagauche35

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